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                                                        Les principes

La technique se construit à partir de principes,

  1. - reconnaissance de la force de l’habitude,
  2. - contrôle primaire,
  3. - inhibition,
  4. - direction,
  5. - appréciation sensorielle (non fiable) qui construisent le mouvement,
  6. - attention consciente.

L’élève reçoit un stimulus (une information sensorielle).

L’inhibition de la réponse à ce stimulus ouvre un espace pour donner des directions d’orientation qui transforme les habitudes et construit des possibilités nouvelles du mouvement. En stimulant l’attention consciente et en affinant l’appréciation sensorielle, il restaure le contrôle primaire (relation de la tête et de la colonne) qui « gère » l’ensemble.

Reconnaissance de la force de l’habitude

Notre vie est pleine d’habitudes. Celles-ci nous permettent d’agir dans notre quotidien sans avoir une attention soutenue. Lorsque nous faisons nos lacets par exemple ou que nous nous habillons, nos gestes sont dits « machinaux », nous n’y prêtons pas forcément attention. L’habitude nous permet d’avoir des gestes surs et rapides, sans elle nous serions constamment en train de réapprendre nos gestes quotidiens. Elle fait donc partie du processus d’apprentissage des mouvements. C’est pourquoi elle est d’une grande force. Le dicton le dit très bien « chassez votre habitude, elle revient au galop ». C’est pourquoi F.M. Alexander parle de ce principe. Pour changer une habitude il faut une reconnaissance de celle-ci avant de pouvoir la changer. Et pour ce faire, une grande détermination. Mais dès que nous goutons à la possibilité d’inhiber cette habitude que nous avons repérée comme « néfaste », nous ouvrons alors un espace libre.


L’inhibition

Lorsqu’un stimulus arrive, nous avons tendance à nous dire tout de suite « qu’est ce que je peux faire ? ».

L’inhibition fait partie du processus de décision et donc de l’action. Lorsque je prends la décision de m’asseoir, mon cerveau à le choix entre plusieurs stratégies, par exemple chercher un appui avec les mains, me laisser tomber, regarder la chaise, ou aller tranquillement me poser. Le cerveau sélectionne la stratégie qui lui semble la plus appropriée, et inhibe les autres possibilités.

Utiliser l’inhibition en technique Alexander, c’est se donner du temps pour ne pas se précipiter dans la réponse, c’est attendre activement et écouter. C’est être ouvert et disponible aux évènements.

Le contrôle primaire est un principe qu’Alexander découvre en se donnant la possibilité d’inhiber le mouvement de sa tête vers le bas et l’arrière. Il constate qu’en laissant sa tête se diriger vers l’avant et le haut par rapport au cou dans toute la durée du mouvement et notamment au commencement du mouvement, cela a un effet bénéfique sur toute la coordination générale. Il observe plus précisément que cette disponibilité allonge sa colonne vertébrale.

Ces observations se confirment, dans le temps, pour son propre usage et celui de ses élèves.

Voici comment F.M. Alexander définit le contrôle primaire, c'est-à-dire cette relation dynamique de la tête avec le cou et le dos :

Laisser le cou libre

Pour laisser la tête aller vers l’avant et le haut

Pour laisser le dos s’allonger et s’élargir


Les directions

Ce que F.M. Alexander appelle directions, sont des pensées actives qui guident le mouvement.

Il propose comme directions primaires les trois petites phrases décrivant le contrôle primaire. Ce sont pour lui après l’inhibition, les premières intentions à se donner car elles organisent d’après lui la bonne marche de la suite de la coordination. Il invite ensuite à se donner des directions secondaires qui correspondent à chacun et qui varient en fonction de l’usage de chacun.

Nous parcourons dans une leçon, l’observation d’un usage spécifique de l’élève par rapport à certaines parties du corps en relation à l’usage global.

Lors des leçons, nous observons l’usage spécifique que l’élève entretient avec certaines parties du corps en relation à son usage global.

Les directions ne sont donc pas uniquement des directions d’orientation dans l’espace. Il s’agit de pensées actives, donc de construction imaginaire du mouvement.

L’appréciation sensorielle non fiable

Sous ce « jargon » se cache une chose assez simple : souvent, nous croyons faire quelque chose alors qu’en réalité́, nous accomplissons une action différente. En particulier, notre perception de la position de notre corps dans l'espace peut être trompeuse. Si on nous demande par exemple de placer nos pieds en parallèles et non pas en « v » comme nous pouvons en avoir l’habitude, nous aurons fortement l’impression, « la sensation », que nos pieds sont plutôt tournés vers l’intérieur, en dedans. Ce ne sont pas les sensations elles-mêmes qui sont à remettre en cause, mais l’appréciation que nous faisons de ces dernières pour notre usage. ainsi notre capacité de nous défaire d’une habitude sensorielle ( pieds en « v » ou encore sensation de manque, etc ), nous permet de faire un pas hors du cercle de l’habitude. En ne répondant pas immédiatement à la sensation qui survient, nous créons un hiatus dans la chaîne stimulation/réponse. Autrement dit, nous pouvons nous donner le temps de ressentir avant d’agir, ou encore de peser notre action, pour développer notre capacité de choix et de nouvelles manières de faire. 

L’attention consciente

L’attention consciente est un principe utilisé dans la technique F.M. Alexander de façon très régulière. Nous stimulons l’attention de l’élève par le toucher et la parole de manière à ce qu’il ouvre celle-ci sur des espaces de son corps ignorés, ou sur l’espace autour de lui ou bien encore sur des types de réponses proposées. L’attention est un outil indispensable au mouvement et à notre relation au monde. C’est en apprenant à l’utiliser et à la stabiliser que la transformation de nos habitudes devient plus facile.

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