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 La Technique Alexander à partir d’un arrière-plan de danse

Par Eva Karczag

In DIRECTIONS 1993, Vol.1 Number 10.

Traduit par Catherine Vernerie

Venant à la Technique Alexander avec un bagage de danseuse, je réalise que j’avais de la chance à deux égards. Premièrement le mouvement était et demeure ma motivation première, et deuxièmement, par l’étude du Taï Chi Chuan et du travail anatomique de release, j’étais déjà entrée en contact avec des façons de penser alternatives sur le mouvement et la danse à partir des formes de la danse « traditionnelle » et de « la modern danse ».
 
Durant les années que j’ai passées à explorer différentes techniques, idées et façons de voir et d’expérimenter le mouvement, c’est la Technique Alexander, le Taï Chi Chuan, lesformes de danse improvisées et le release qui m’ont le plus profondément influencés. C’est principalement une synthèse de ces techniques et de leurs philosophies que j’incorpore à mon travail, à la fois comme danseuse /chorégraphe et comme professeur de danse et de Technique Alexander. De même que ces techniques ont exercé leur influence sur moi, elles ont aussi exercé leur influence les unes sur les autres.

Elles renferment certaines similitudes dans la façon d’envisager et de traiter l’individu. Ces similitudes font l’essence de mon travail.

Elles reconnaissent toutes que le corps et l’esprit sont inséparables. Elles reconnaissent toutes l’idée que chacun de nous est unique et renferme des ressources intérieures de créativité illimitées et que plus nous apprenons à nous connaître pleinement et à nous servir de nous-mêmes avec conscience, plus notre expression gagne en clarté et en puissance. Elles reconnaissent toute l’importance du processus, et que toute croissance, tout changement prennent du temps. Elles insistent toutes sur le « non- faire »... ne pas faire comme d’habitude, ne pas céder aux idées préconçues du corps et de l’esprit... pour retrouver une liberté naturelle de mouvement et de pensée. On ne bouge pas avec une tension musculaire excessive, mais en permettant au flux de l’énergie d’emporter le corps tandis que les muscles travaillent harmonieusement et efficacement. Elles insistent toutes sur l’importance d’être présent, pleinement dans le moment, éveillé, de façon à avoir la plus grande liberté de choix.

En fin de compte c’est ça l’improvisation. Dans tout ce travail, chaque individu détient la responsabilité de changer.

Le Taï Chi Chuan est un art martial et une méditation en mouvement. Une concentration profonde, le développement d’une force et d’une énergie intérieures, la circulation de cette énergie le long de chemins clairs à l’intérieur du corps, en donnant au mouvement la permission d’être emmené par le flux de l’énergie, l’union des contraires ( par exemple,lourdeur et légèreté, au-dedans et au-dehors) sont tous des aspects du Taï Chi que j’utilise dans ma danse et dans mon enseignement. Gerda Geddes, mon professeur, enseigne le Taï Chi comme la manifestation physique d’un voyage symbolique, allégorique, à travers la vie, de la naissance à la mort, l’image supportant le mouvement.

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