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                                       TOUT EST DANS LA TÊTE

   Anne Palmer a interviewé Daniel Pevsner, Professeur de la Fédération Equestre Anglaise, au sujet de la Technique Alexander et de son utilisation pour le cavalier.
C’est une méthode de corrélation entre l’esprit et le corps, qui améliore le contrôle du corps et son équilibre, la coordination des membres, la présence d’esprit, et aboutit à une attitude calme et rassemblée dans la selle.
Daniel Pevsner est israëlien et a vécu 17 ans en Angleterre. Il a suivi avec succès, en 6 ans, toute la formation d’enseignement de la Fédération Equestre Anglaise, depuis le degré d’aide-moniteur jusqu’à celui de professeur. Il a passé 7 mois à l’Ecole Espagnole d’Equitation, et y est retourné plus tard pour consolider sa formation. Il a travaillé pendant un an au Portugal, comme assistant de Nuno Oliveira, l’un des maîtres les plus brillants de nos jours en Haute Ecole. Actuellement il est spécialisé dans l’enseignement du dressage, et voyage à travers toute l’Angleterre.
   J’ai passé quelques temps avec Daniel Pevsner, à le regarder enseigner. Il m’est vite apparu que le principal objet de son enseignement était de développer une façon correcte de se mouvoir. Selon Daniel Pevsner, la plus haute qualité à rechercher, à la fois pour le cheval et le cavalier, est l’harmonie du mouvement. En tant que professeur, il insiste autant sur la correction du cavalier que sur celle du cheval. Il trouve que dans l’ensemble, c’est plus difficile de former le cavalier que le cheval.
Pour appuyer son enseignement, il se sert de la Technique Alexander, qui vise la coordination du corps et de l’esprit.

   « La première fois que j’allais dans une école de Technique Alexander à Londres, c’est parce que je souffrais terriblement du dos et qu’il m’était impossible de monter à cheval; dès la première leçon, je sus que j’avais trouvé quelque chose de très important.
On m’enseignait seulement la Technique, personne ne s’occupait de mon problème présent. Toute ma colonne vertébrale commença à se fortifier, et la douleur disparut.
Ma fascination pour la Technique vint, non pas tant de ce qu’elle avait fait disparaître mon invalidité, que de la découverte importante qu’elle m’avait fait faire.
   Pour le peu d’informations qu’on me donnait à l’époque, je réalisais que les processus impliqués dans la Technique étaient très semblables à ceux qu’on applique en équitation. Après plusieurs années de pratique régulière, j’entrepris la formation de trois ans, et commençai à l’enseigner en professionnel.
Le principal intérêt de la Technique pour le cavalier, est qu’elle réajuste les parties du corps, et aide à développer une position correcte et sans effort, qui améliore alors souplesse, équilibre et coordination. La Technique a des implications psychologiques, elle apporte calme et stabilité dans les réactions. Elle réduit l’anxiété et la tension mentale, et donne à la personne un grand sens d’observation et de jugement. C’est avant tout une méthode de contrôle conscient.

   L’une des prémices de base de la Technique est que ce que nous sentons et croyons faire est très probablement erroné. Quelqu’un peut se tenir debout, soit en avant ou en arrière de la verticale, et croire qu’il est droit. Dites-lui qu'il n'est pas dans l'axe, et il ne vous croira pas, parce qu'il se sent parfaitement d'aplomb. Mettez-le dans l'axe, et il éprouvera une sensation étrange et incommode. Sa conscience et son sens de la verticalité sont donc faussés. Il devra apprendre progressivement à inhiber ses mauvaises attitudes corporelles pour mettre en place les mécanismes corrects. Les bonnes habitudes se développeront d'elles-mêmes quand les mauvaises auront été stoppées.

 

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